Le monde de Lady Oscar
Le monde de Lady Oscar

Une reine qui aimait la gaité, les jeux mais trop souvent seule et haïe

Reine de France au destin tragique qui accorde tous et toutes. Pourtant sa personnalité reste ambiguë. 

 

Etait-elle une victime ou une coupable ?

Dans Lady Oscar, elle est une victime transformée petit à petit en coupable par imposition : par la faiblesse de Louis XVI. Pourtant, pour avoir jusqu’au bout montré de la fermeté, elle reste une femme forte et fragile à la fois.

Jeune, Marie-Antoinette incarne l’insouciance même : avide de découverte et de loisirs, elle s’entoure d’une cour, certes intéressée, mais conséquente qui tient tête à celle de la Du Barry. Par caprice, elle obtient du vieux Louix XV la permission de monter à cheval qui manque de se finir mal par un acte inconsidéré de sa part. Mais tout lui est pardonné : elle est jeune, belle, innocente, pleine de joie. Elle est l’Enfance.

 

 

Plus tard, même ses frasques vestimentaires qui participent à la banqueroute du Royaume sont justifiés et donc excusés : n’est-elle pas malheureuse et seule ? N’est-elle pas incomprise ? Adulée par devant mais méprise par derrière ? Reine elle se doit de jouer la comédie sur la scène de la vie, ne rien laisser voir de sa solitude oppressante, de ses désirs si simples d'être soutenue et guidée et non plus soutenir et commander.
Oscar en personne viendra justifier sa position en défendant et soutenant ouvertement la conduite de la Reine (avant de prendre partie pour la Révolution). Alors que Marie-Antoinette s’est retirée au petit Trianon, la colère gronde à la Cour. Comme d’habitude c’est André, grand observateur, qui rapporte à Oscar ce comportement hostile général. Oscar est à son piano lorsqu’elle se rappelle de ce que lui à dit André à ce sujet. Mais lorsqu’il remet ça par ces paroles : « Et que signifie cette retraite volontaire à Trianon ? Je sais bien que c’est stupide mais personne ne peut aller contre l’étiquette, et même pas Marie-Antoinette ». A ces paroles Oscar claque les accords de son piano : « Vas-tu enfin te taire André ! Je ne veux plus entendre un mot ! Mais quoi ? Le bonheur lui est-il donc interdit ? La Reine n’a-t-elle pas le droit de décider de sa vie ? ». Ces dans ces deux dernières phrases que ce trouve la clé du rôle de Marie-Antoinette dans Lady Oscar : une Reine de tragédie manipulée.

Femme-enfant , Reine, Amie, Mère et Amante, Marie-Antoinette joue sur tous les tableaux. Riyoko Ikeda aime ce personnage. Femme-enfant, elle aime la musique, la mode, l’amusement, l’insouciance. Pour elle le monde et les gens sont bons par nature ( et le reste ! à l’inverse  de la théorie de Rousseau. C’est peut-être aussi pour cela d’ailleurs que la seule citation philosophique du DA c’est une de Voltaire, le grand ennemi et opposé de Rousseau). Lors de l’affaire du Collier, elle brûle les lettres des joailliers sans se préoccuper davantage du terrible message qu’ils contiennent (lettres de créance) et ce, malgré les avertissements de ses dames de compagnie. N’était-elle pas outrée et profondément peiné devant l’acharnement qu’elle ne comprend pas de ses ennemis à vouloir lui nuire, notamment devant le cardinal de Rohan à ses pieds lui demanda pardon ? Comme un enfant, son monde est fait de rire et de soleil, de naïveté et de confiance absolue.


Reine, Marie-Antoinette sait où est son devoir quand il s’agit de la France. Alors que Louis XVI se laisse ballotter par les conseils les plus insensés des uns et des autres, Marie-Antoinette est ferme, inébranlable et sensée. Jusqu’à sa mort elle reste fidèle à celle qui l’a modelé : sa mère, Marie-Thérèse.

Reine, elle le sera véritablement dans les derniers soubresauts de l’Histoire. Alors que ces « prédessesseuses » n’ont jamais manqué une occasion d’intriguer avec les ennemis de la France, Anne d’Autriche en première ligne, ou même les Médicis qui ne pouvait se passer de leur Cour italienne au Louvre ou ailleurs, Marie-Antoinette est Française de cœur. La guerre de Trente Ans venait de prendre fin par son mariage, mais jamais elle n’a chercher à venger où à rétablir la puissance des Hasbourg.
Ce qui renforce cette image, c’est le dernier épisode d’Oscar où les derniers moments de la vie de la reine sont évoqués. On aurait pu coupé et rester sur les tableaux de scènes de vie d’Oscar. Mais Riyoko aime Marie-Antoinette : ça mémoire doit être racontée comme celle d’Oscar.

 

 

Amie, Marie-Antoinette donne et conservera son amitié à ceux qu’elle aime : Madame de Polignac en premier lieu, qui lui rend fort mal en passant. Mais aussi à Oscar même quand celle ci parjure son serment. En effet, lorsqu’elle demande à être relevé de son commandement des Gardes Royales, Osacr jure à la Reine : » Et croyez que je demeurerai votre fidèle et loyal serviteur […] Je puis vous assurez à jamais de ma loyauté ». Pourtant, même à la Conciergerie, sachant pertinemment qu’Oscar a chargé sur les troupes royales, elle portera la rose blanche d’Oscar et parlera d’elle avec Rosalie. Elle est d’un cœur noble, une sainte qui pardonna le mal subit.

Mère , Marie-Antoinette chérit ses enfants. Elle joue avec eux en public (ce qui ne se fait pas selon l’étiquette !),  les emmène avec elle à Trianon, s’enferme à Marly espérant sauver ainsi le petit dauphin malade par du calme et des prières. Mère meurtrie, elle jette sur elle la faute de la maladie de son enfant par sa conduite adultère. En pleurs devant la statue de la Vierge Marie-Antoinette ne jure-t-elle pas qu’elle ne verra plus Monsieur de Fersen ? Serment qu’elle tient. Elle sacrifie son bonheur pour celui de ses enfants. Mère modèle et attentionné, qui a toujours marqué une grande affection et un respect sincère à sa propre mère, Marie-Antoinette a un double rôle tragique (en plus de celui de Reine): celui d’une mère déchirée par la maladie puis la mort de son enfant mais qui garde la tête haute alors que la Révolution gronde.

 

Sa relation avec Fersen est un chassé croisé par les événements de la vie (le mariage de Fersen, la maladie de son enfant, etc.).

 

Son rôle d’Amante est pourtant évoqué avec pudeur. D’ailleurs jamais ce mot n’est prononcé. On parle d’amour. Même son union avec Fersen le fameux soir de l’Opéra est beau, placé sous le signe de la douleur puis de la lumière, leur amour est « pur ».

Marie-Antoinette est l’une des figures principales de Lady Oscar, une figure tragique mais aimée.

N.B. : Stefan Zweig en fait un très beau portrait dans son livre "Marie Antoinette". De toutes les Biographies, c'est celle-là la meilleure du point de vue humain et historique.

"Secrets d'histoire" sur Marie-Antoinette (et Fersen) par Stephan Bern le mardi 12/11/2013 était très interessant. A voir en replay

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Evenement...

La Japan'Expo a eu lieu ! Génial évidemment, merci aux cosplayers CDZ d'avoir joué le jeu avec moi sans se connaître:)

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