Le monde de Lady Oscar
Le monde de Lady Oscar

 

« Une bande dessinée japonaise, des acteurs anglais et moi, français, c’était surréaliste, ça m’a plu... Une façon de raconter l’Histoire de France. » - Jacques Demy

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Réalisé en 1978 par Jacques Demy qui n'en était pas a son premier coup d'essai ("Les demoiselles de Rochefort" entre autre) "Lady Oscar" est certainement très bien pour celui qui ne connaît pas l'histoire, ou qui accepte la trame de ce film comme un point de vue personnel de l'auteur, ce qui pourrait se défendre. Pour les autres, avouons-le : il est décevant !

 

Tourné en décors naturels à Versailles (Lady Oscar fait partie de 17 films - vraiment films et non documentaires... - autorisés à tourner à Versailles), Jossigny et Senlis (pour les décors Bastille) de Juillet à Septembre 1978, les décors et les costumes sont magnifiques. Pour l'anecdote à Sciences Po, dans la Charte du module Histoire culturelle - Histoire sociale on retrouve le film Lady Oscar de J. Demy qui est analysé sur le thème de "La révolution française".

 

Ce film, à défaut d'être pertinent dans sa trame, l'est bien plus dans sa fidélité historique et culturelle. Il est vrai que l'actrice tente de coller au plus près physiquement à l'Oscar du DA quitte à accentuer ou créer ses traits caractéristiques (blonde, etc.). Ce choix est en fait pas très judicieux car dès lors les fans ne peuvent oublier le dessin animé et tente de recoller la personnalité d'Oscar et le déroulement de l'histoire au film. Or il n'a rien à voir ou presque car seule la trame de fond est gardée, jusqu'au dénouement qui a été modifié. Le personnage d' Oscar est insipide, "délavé", elle perd tout son caractère bien trempé mêlé parfois à un amour assez cynique (cf Les Personnages), et devient vraiment superficielle, conservatrice (pour une révolutionnaire ça pose certains problèmes!), vulgaire et serpillière devant la Reine.

 

Justement cette Reine Marie-Antoinette apparaît comme frivole (ce qui n'est pas forcément faux) et hédoniste. Quant à Girodelle , il présenté de façon pire que le Marquis de Sade, la Révolution n’est pas si terrible que ça (on n’y croit pas trop), André est revisité aussi mais c'est bien réussi (un peu rebelle, un peu cynique, moins effacé que dans le DA ou le manga, il est l'un des nerfs de l'histoire qui fait qu'on regarde le film jusqu'au bout), etc.

 

Voici la kyrielle d'acteurs amateurs (ce fut voulu) :

  • Catriona MacColl (Oscar François de Jarjayes),
  • Barry Stokes (André Grandier),
  • Christina Böhm (Marie-Antoinette),
  • Jonas Bergström (Hans Axel de Fersen),
  • Terence Budd (Louis XVI),
  • Rosemary Dunham (Marquise de Boulainvilliers),
  • Christopher Ellison (Robespierre),
  • Gregory Floy (Cardinal de Rohan),
  • Anouska Hempel (Jeanne de la Motte),
  • Mark Kingston (Général de Jarjayes),
  • Sue Lloyd (Comtesse de Polignac),
  • Shelagh Mac Leod (Rosalie),
  • Michael Osborne (Bernard Chatelet)
  • et citons-en un quand même qui nous est familier : Lambert Wilson dans une tout petit rôle (un soldat).

 

 

Voici ici des critiques que j'ai pu trouvé sur ce film (en toute objectivité). Elles sont très rares car les critiques mettent beaucoup de côté ce film : "En 1978, Demy accepte une commande du Japon et filme l’adaptation d’une bande-dessinée intitulée Lady Oscar. Il réalise pour l’occasion un hilarant nanar, son seul véritable mauvais film." par Patrick Alluin, Regards en coulisses (2004).

Sur la célèbre base de films anglais IMDB (la référence) le film a bénéficié de 64 votes et d'une note globale de 5,9/10 (août 2005) "The only outright failure I've seen is The Slightly Pregnant Man (1973), though some have told me that The Pied Piper (1972) and Lady Oscar (1979) are comparably weak." = " Le seul échec complet que j'ai vu est ___ bien qu'on m'ait dis que ___ et Lady Oscar étaient tout aussi mauvais" par Jonathan Rosenbaum in le Chigago Reader (1996).

Mais sur l'encyclopédie du cinéma suisse par Hervé DUMONT, celui-ci en dira ceci : " Chargé de relater ces tribulations sentimentales d’un chevalier d’Éon nippon en anglais, avec un casting international, Demy crée une œuvre délicate qui n’est curieusement sortie que très tardivement en salle en France (1997)".

 

 

Concernant les décors, le film Lady Oscar a été tourné aux studios Auditel et Layout à Paris et pour les décors naturels aux châteaux de Guermantes, de Jossigny et de Versailles ainsi qu’à Senlis de juillet à septembre 1978 en 11 semaines. La dernière scène, où Oscar erre parmi une foule en révolte se déroule à Senlis.

 

Et pour une comparaison en images entre le DA et le Film, le site (en italien) est incontournable :

http://www.larosadiversailles.com/ROV_G_MOVIE_confronti_film-anime.htm

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Impression :

Une magnifique chanson dans le style des grandes voix noires américaines des années 70's (Merry Clayton est noire et fut célèbre dans ces années là). D'ailleurs, on est  surpris (agréablement, si on aime le style) de la chanson que ne nous  laissait pas deviner la pochette. Mais c'est une excellente idée pour véhiculer les sentiments de l'âme dans l'histoire de   Lady Oscar et l'exprimer à une culture occidentale.

C'est une bonne idée d'associer ce type de chant lié à tout ce qui tourne autour de l'escalvage et de la liberté à Lady Oscar, une femme dans cette même démarche.

Bande originale tirée du film Lady Oscar
vynil_imalady_faceA.mp3
Fichier audio MP3 [5.9 MB]

My spring is coming on
This feeling I get so strong
Is like a new morning
Song in my heart that keeps beating
On and on and on and on             

 

My future lies ahead
Winding roads to every dream
Of laughter and singing young love's beginnings
Feeling my head it seems.             

 

No one can hold me down
Strong as I  feel right now             

I've finally seen the light

I'm taking hold tonight
When you see me you will know
I'm a lady now
I'm a lady now             

I'm free             

 

 

Extrait du film  "Lady Oscar"

"I'm a Lady"par Merry Clayton

Mon printemps s'avance
Ce sentiment qui  fais sentir si forte
Est comme un nouveau matin
Une chanson dans mon coeur qui le fais battre
Encore et encore            

 

Mon avenir devant moi s'étend comme

Des routes serpentées vers chaque rêve 
D'éclats de rire et de chantant  débuts            

D'amour de jeunesse
Je ressens tout ça dans ma tête il me semble

 

Personne ne peut me tenir tête

Forte que je suis maintenant

J'ai enfin vue la lumière

Je suis en train de prendre ce soir

Quand tu me regardes tu sauras
Que je suis une femme maintenant
Que je suis une femme maintenant

Que je suis libre

Impression :

Une magnifique chanson dans le style des grandes voix noires américaines des années 70's (Merry Clayton est noire et fut célèbre dans ces années là). D'ailleurs, on est  surpris (agréablement, si on aime le style) de la chanson que ne nous  laissait pas deviner la pochette. Mais c'est une excellente idée pour véhiculer les sentiments de l'âme dans l'histoire de   Lady Oscar et l'exprimer à une culture occidentale.

C'est une bonne idée d'associer ce type de chant lié à tout ce qui tourne autour de l'escalvage et de la liberté à Lady Oscar, une femme dans cette même démarche.

Lady Oscar : un manga au cinéma

 

Penser que Crying Freeman de Christophe Gans est la première adaptation d’un manga tournée en anglais par un réalisateur français, c’est oublier l’étonnante Lady Oscar, production japonaise interprétée par des comédiens britanniques et mise en scène par Jacques Demy dans les décors naturels de Versailles, Jossigny et Senlis. Demy, véritable exilé dans son propre pays, est contacté par un producteur japonais qui souhaite porter à l’écran une bande dessinée à succès, Rose of Versailles de Ryoko Ikeda. Faute de pouvoir monter ses ambitieux projets Anouchka et Une chambre en ville, le cinéaste accepte cette commande excentrique. Il réalise en un temps record le film voulu par ses commanditaires, avec le savoir-faire et la précision des meilleurs artisans d’Hollywood. Seules les quelques scènes d’action et la prise de la Bastille souffrent à l’écran de la précipitation du tournage et des restrictions budgétaires. Si le film est fidèle à l’œuvre originale, Demy réussit également un long métrage très personnel qui lui permet d’aborder une nouvelle fois ses thèmes de prédilection, les amours contrariés et les jeux du hasard et de la fatalité, dans une fantaisie historique constituée de plusieurs récits croisés. Venant après la princesse souillon de Peau d’âne et l’homme enceint de L’Événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la Lune, Lady Oscar est la nouvelle héroïne transgenre de Demy, mi-femme mi-homme par son accoutrement, mais pure incarnation de la beauté féminine classique. Cette idée de femme travestie existait déjà dans Lola, La Baie des Anges ou Les Demoiselles de Rochefort. Les égéries de Demy jouent et surjouent la féminité outrancière grâce à un fétichisme très particulier du maquillage, des vêtements et des sous-vêtements. Au contraire, la féminité d’Oscar est dissimulée par l’uniforme pour mieux triompher dans une scène de nu narcissique, surprenante et sans équivalent dans l’œuvre du cinéaste. Lady Oscar permet à Jacques Demy d’exacerber sa passion pour les costumes et les déguisements. Oscar est une femme habillée en soldat, mais elle ne renonce ni à son amour pour les hommes, ni à son pouvoir d’attraction sur eux. Son inclinaison sentimentale et sexuelle demeure sans ambiguïté. Malgré un baiser provocateur à une courtisane lors de la scène de bal, il n’est pas question d’homosexualité dans le film, ni de travestissement ou de confusion sexuelle puisque Lady Oscar ne cesse d’être femme aux yeux de ceux qui l’aiment ou la convoitent, et à ses propres yeux. Cette féminité empêchée et bridée, prisonnière d’une situation paradoxale, verra sa libération survenir en même temps que l’insurrection d’un peuple, Demy organisant une brillante symétrie entre la révolte d’Oscar et la Révolution française. Lady Oscar s’inscrit dans la veine libertaire des films réalisés dans les années 1970 par Jacques Demy, pour qui «  politique  » rime toujours avec « poétique ». Lady Oscar est une nouvelle variation autour de la passion malheureuse, avec un final tragique en hommage aux Enfants du paradis de Marcel Carné, où la joie de la foule contraste avec la détresse d’Oscar, enfin femme mais immédiatement veuve. Demy n’abordera de front le thème de la bisexualité que dans Parking, un film beaucoup moins satisfaisant que cette Lady Oscar à réévaluer d’urgence.

 

Page de http://www.cine-tamaris.fr/jacques-demy/analyses-29/lady-oscar-48

Actualités

La phrase...

"J'envie les gens doués, ceux qui ont un talent pour les études, le sport, la baston ou tout simplement une belle gueule. Quand ils restent dans leur coin, on se contente de dire qu'ils sont intransigeants. Mais moi, je suis ordinaire..."

- Yuzuru (Tome 1 de Dilemma)

Evenement...

La Japan'Expo a eu lieu ! Génial évidemment, merci aux cosplayers CDZ d'avoir joué le jeu avec moi sans se connaître:)

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