Le monde de Lady Oscar
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Les relations entre frère et soeur

Le frère ou la soeur est à la fois semblable à soi-même et pourtant étranger. Il ou elle est la première figure du sexe opposé qui permette de concevoir l'autre comme un objet d'amour et qui renvoie notre propre image et notre propre idéal, bref le support de nos projections et fantasmes (pas forcément directement sur le frère / la soeur mais sur ce qu'il représente et le monde qu'il représente).

 

Si l'amour pour le parent (complexe d'Oedipe) enferme dans la sphère familiale et une relation verticale de filiation,  le frère ou la soeur ouvre sur une relation horizontale d'alliance et de rivalité ainsi que sur le monde... ou pas si la relation reste ambigüe! 

 

En tout cas, dans le modèle japonais, la relation frère-soeur pousse souvent jusqu'à l'envahissement d'un des deux sur l'autre avec une perte de l'identité de l'un en faveur de l'autre. Parfois même, on frise l'inceste.

 

Autrement dit, et en images :

 

 

Dans TRES CHER FRERE, Nanako dit ne pas aimer Takashi, le prof séduisant qui lui renvoit l'image du frère idéal (effectivement, c'est bien son frère!) et pourtant, au début, on n'est pas tout à fait convaincu de sa sincérité quand elle déclare "Non, je ne suis pas amoureuse de lui" avec des étoiles plein les yeux.

Cette relation Nanako-Takashi est l'image de la relation fraternelle saine comme support sublimé d'une relation amoureuse qui va se déplacer d'un objet familier et sécurisant (la personnalité du frère qui résonne avec son Soi à elle, son identité à elle et ses fantasmes masculins) à un objet étranger (euh...Nanako n'a pas d'amour à la fin mais elle a les dispositions pour). D'ailleurs, Takashi va le lui démontrer en marquant sa position et en épousant Kaoru. 

En revanche, il n'en va pas de même pour Rei et Fukiko ! Là, on est dans du pathologique. Enfermée dans un amour malsain car non transformé, en lien avec la place des parents-enfants mal élaborée (le complexe d'Oedipe ne se fait pas), Rei ne va vivre qu'au travers de Fukiko, attendant d'elle la justification de son existence, attendant de voir dans le regard de sa soeur qu'elle existe (cela n'arrivera jamais), croyant voir en elle sa propre image et sa propre "vie volée". Rei a "laissé" sa place de soeur à Fukiko, aimant du premier regard cette enfant, image idéale d'amour de la petite fille puis de la femme.

Fukiko, quant à elle, considère Rei comme un objet de haine, le blessant physiquement et psychologiquement à plusieurs reprises, refusant d'être l'instrument de ce dernier. C'est ainsi aussi, qu'elle protège sa propre identité et refuse la fusion symbolique avec Rei. Non, elle ne lui a pas pris sa place, non elle ne sera pas sa soeur / femme idéale, oui Rei est un danger pour son identité car il connait ses faiblesses (Rei l'a vu pleurer...), non elle n'est pas coupable des choix parentaux, etc.

La relation d'Isaac et de Frederike dans LA FENETRE D'ORPHEE est encore un autre aspect d'une relation fraternelle et amoureuse. Si Isaac ne voit en Frederike que sa très cher soeur, dévouée et fragile, comme seul lien qui l'unisse encore aux rêves parentaux (réussir dans le milieu de la musique classique, là où le père a échoué), il n'en va pas de même pour elle.

 

Frederike aime Isaac, elle l'aime d'un amour secret et sacrificielle comme l'a fait sa mère avec son père. Elle s'abaisse à toutes les tâches ingrates voire viles (travailler sur les marchés en plein froid et s'exposer à la honte et à la maladie), et va jusqu'à plus ou moins se vendre à Maurice, le rival d'Isaac, pour faciliter l'ascension de son frère.

 

C'est un amour interdit et sublimé ! Pour passer le filtre de la morale et de l'inceste, finalement Frederike ne sera pas la vraie soeur d'Isaac mais une enfant adoptée. C'est dit en une bulle, coincée entre plusieurs autres pour faire passer la pilule, bref. Il fallait peut-être éviter de trop heurter en parlant de cet amour là.

 

Pourtant, le personnage de Frederike est magnifique et son amour pour son frère très beau et... très pur même si cela semble étrange.

Quant à Oscar et André dans LADY OSCAR, leur situation peut prêter aussi à question... André est le frère de lait d'Oscar (ils partagent la même nourrice à savoir Grand-Mère/Marron Glacée).

 

Elevés ensemble, nourris au même sein, partageant les mêmes activités, les mêmes passe-temps, les mêmes betises, les mêmes évènements, les mêmes bonheurs et tragédies, leur relation est au départ fraternelle et présentée comme telle dans le manga (pas dans le dessin animé). André va s'éveiller peu à peu à l'amour pour Oscar, ne voyant aucune autre femme qu'elle, ne la percevant que sous son sexe féminin, et se montrant lui, de son côté, un être masculin par excellence : viril, protecteur, confident.

 

Oscar, s'apercevra tardivement de son amour pour son "compagnon de toujours", son frère. Sa relation avec Fersen n'a jamais pu avoir lieu bien qu'il représentait l'homme extérieur à la famille par excellence. Girodelle incarnait toute une image de la femme mariée, soumise et effacée qu'Oscar destestait. Seul André, celui avec qui elle a grandi, son âme soeur (l'expression ne comporte pas ces deux mots symboliques pour rien) pouvait entrer en résonnance avec elle. C'est d'ailleurs uniquement avec lui qu'elle s'unira.

Voici quelques mangas qui abordent le thème des relations entre frère et soeur, qu'elles soient ambigües (Infirmerie après les cours), franchement consommées (Angel Sanctuary) ou à sens unique (Midnight children)...

Actualités

La phrase...

"J'envie les gens doués, ceux qui ont un talent pour les études, le sport, la baston ou tout simplement une belle gueule. Quand ils restent dans leur coin, on se contente de dire qu'ils sont intransigeants. Mais moi, je suis ordinaire..."

- Yuzuru (Tome 1 de Dilemma)

Evenement...

La Japan'Expo a eu lieu ! Génial évidemment, merci aux cosplayers CDZ d'avoir joué le jeu avec moi sans se connaître:)

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